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Édition N°693
Jerichomusic
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Guitare Notre choix

Instrument à cordes pincées parmi les plus populaires au monde, la guitare se décline en une multitude de formes, de sons et de techniques de jeu. Avec une production de plusieurs millions d’unités chaque année et une présence dans tous les genres musicaux, elle reste le premier instrument choisi par les débutants comme par les musiciens confirmés. Voici son histoire, ses grandes familles, sa lutherie et les clés pour choisir le modèle qui correspond à votre projet musical.

Des origines antiques à la guitare moderne : définition et étymologie

Le mot « guitare » trouve son origine dans le terme espagnol guitarra, lui-même dérivé de l’arabe qīthārah et, plus loin, du grec kithára, qui désignait un instrument à cordes de la famille des lyres. Cette filiation linguistique raconte déjà une histoire de circulations culturelles, entre Orient et Occident, qui a façonné l’instrument tel que nous le connaissons.

Les premières traces d’instruments ressemblant à une guitare remontent à l’Antiquité. On trouve, dans plusieurs civilisations du bassin méditerranéen et du Proche-Orient, des représentations de cordophones à manche long et caisse de résonance plate. Ces ancêtres éloignés ne possédaient pas encore le nombre de cordes ni l’accordage que nous utilisons aujourd’hui, mais le principe acoustique était déjà en place : une corde tendue au-dessus d’une cavité est pincée, et la résonance du corps amplifie le son.

En Europe, c’est au cours du Moyen Âge que la guitare commence à prendre une forme plus reconnaissable. La vihuela de mano, instrument de la Renaissance ibérique, représente un jalon essentiel : elle possède six chœurs doubles, une caisse en forme de huit et un manche fretté. Elle cohabite avec le luth, plus répandu dans le nord de l’Europe, mais s’en distingue par sa table plate et son fond lui aussi plat. La vihuela préfigure directement la guitare à six cordes simples qui s’imposera plus tard.

Au XVIIIᵉ siècle, la guitare espagnole s’affirme comme un instrument à part entière. Sa construction évolue rapidement : la caisse s’élargit, le manche s’affine, et les cordes doubles cèdent la place à des cordes simples. C’est à cette époque qu’émerge la pratique d’écrire des pièces spécifiquement pour la guitare, et non plus des adaptations de partitions de luth ou de vihuela.

La période charnière se situe au XIXᵉ siècle, avec ce que les historiens appellent la Guitaromanie, une vogue qui traverse la France et l’Europe entière. Des compositeurs comme Fernando Sor ou Mauro Giuliani écrivent un répertoire abondant, tandis que des luthiers perfectionnent la facture instrumentale. Parmi eux, Antonio de Torres révolutionne la guitare classique en définissant, autour de 1850, les proportions et le barrage de la table qui servent encore de référence aujourd’hui. D’autres artisans, comme René Voboam en France ou Jean-Nicolas Lacote, contribuent à cette évolution en expérimentant sur les formes de caisse et les systèmes de fixation des cordes.

Au XXᵉ siècle, l’électrification de la guitare ouvre un chapitre entièrement nouveau, transformant un instrument acoustique de salon en un vecteur sonore capable de remplir des stades. L’épopée des guitares électriques, des premiers micros magnétiques aux modèles solid body, est indissociable de l’émergence des musiques populaires modernes.

Les grandes familles de guitares : acoustique, folk, électrique et électro-acoustique

A lineup of acoustic, folk, electric, and electro-acoustic guitars on a studio wall, wood textures and cables visible, s

Dans le commerce, les guitares sont classées en quatre catégories, que l’on peut regrouper en trois univers de jeu distincts. Le choix entre elles dépend du répertoire visé, du confort de prise en main et de la nécessité ou non d’une amplification.

La guitare classique

La guitare classique, ou guitare acoustique à cordes nylon, produit une sonorité douce et ronde. Ses cordes sont en nylon pour les aigus et en soie recouverte de métal pour les graves. Le manche est large et plat, ce qui facilite le jeu polyphonique et les arpèges complexes. Elle se joue principalement aux doigts et constitue le choix traditionnel pour le répertoire classique, la bossa nova ou le flamenco.

La guitare folk

La guitare folk, ou guitare acoustique à cordes acier, délivre un son plus brillant et plus puissant. Sa caisse est plus imposante, avec un barrage conçu pour résister à la tension élevée des cordes métalliques. Le manche est plus étroit que celui d’une classique, ce qui favorise le jeu en accords et le strumming. Elle domine dans la pop, le rock acoustique, le folk et la country. Le confort de jeu repose en grande partie sur le profil du manche et sur le tirant des cordes, que nous détaillerons plus loin.

La guitare électrique

La guitare électrique repose sur un principe radicalement différent : le son n’est plus produit par la résonance d’une caisse, mais par des micros magnétiques qui captent la vibration des cordes et la transmettent à un amplificateur. Les modèles solid body, au corps plein en bois massif, éliminent presque entièrement les retours acoustiques parasites et offrent un sustain prolongé. Trois silhouettes emblématiques résument l’histoire de cet instrument : la Stratocaster, au corps doublement échancré et au son claquant ; la Telecaster, plus rustique et directe ; la Les Paul, massive et chaleureuse grâce à ses micros double bobinage. Les formes hollowbody, au corps creux ou semi-creux, produisent un son plus chaud et plus rond, particulièrement apprécié en jazz et en blues. Pour explorer plus en détail l’univers des guitares électriques et leurs spécificités, vous pouvez consulter notre dossier sur la guitare électrique.

La guitare électro-acoustique

L’électro-acoustique est une guitare acoustique à cordes acier équipée d’un préampli et d’un capteur intégré, un micro piezo placé sous le sillet de chevalet. Elle permet de brancher l’instrument sur un ampli ou une sono sans perdre la sonorité naturelle du bois. C’est le compromis idéal pour les musiciens qui jouent sur scène tout en conservant la possibilité de répéter sans amplification.

Certaines variantes sortent de ces catégories principales, comme la guitare baryton, dont le diapason allongé permet un accordage plus grave et une sonorité profonde, très utilisée dans le rock et la musique de film.

Anatomie de la guitare : ce qui détermine vraiment la jouabilité

Le diapason, le tirant des cordes et le radius du manche déterminent la jouabilité bien plus que le bois ou le prix. Ces trois dimensions conditionnent la tension sous les doigts, la facilité à plaquer des accords barrés et la précision des notes aiguës.

Le diapason : la longueur vibrante de la corde

Le diapason désigne la longueur vibrante de la corde, mesurée entre le sillet de tête et le sillet de chevalet. Sur une guitare classique, il se situe autour de 650 mm. Sur une folk ou une électrique, il varie entre 628 mm et 648 mm. Un diapason plus long tend davantage la corde pour une même hauteur de note, ce qui produit un son plus claquant et un volume acoustique supérieur. Un diapason plus court réduit la tension et facilite les bends ainsi que le jeu legato. Cette différence, imperceptible à l’œil, se ressent immédiatement sous les doigts.

Le tirant des cordes : la jauge qui module la tension et la vibration

Le tirant, ou gauge en anglais, désigne l’épaisseur des cordes, exprimée en millièmes de pouce pour la corde la plus fine. Sur une guitare électrique, un jeu de cordes en tirant léger (par exemple.009-.042) offre une grande souplesse et convient au jeu solo et aux bends amples. Un tirant medium (.010-.046) ou fort (.011-.048) produit une attaque plus puissante, un sustain plus long et une meilleure tenue d’accordage sur les guitares à diapason court, mais exige davantage de force dans la main gauche.

Sur une folk, le tirant influence directement la projection sonore. Les jeux dits « Custom Light » ou « Extra Light » réduisent la fatigue et sont recommandés pour débuter, au prix d’une légère perte de volume. Les jeux « Medium » ou « Heavy » fournissent un son plus ample et plus riche en harmoniques, mais la tension exercée sur la table est considérable.

Le radius de la touche : la courbure qui change la prise en main

La touche n’est pas parfaitement plate : elle présente une courbure sur sa largeur, définie par le rayon d’un cercle imaginaire. Un radius faible, autour de 7,25 ou 9,5 pouces, donne une touche très arrondie qui épouse bien la main et facilite le jeu en accords. Un radius plus élevé, autour de 12 à 16 pouces, offre une surface plus plane, idéale pour les solos précis et les bends sans frises. Le choix du radius est une affaire de préférence personnelle, mais il conditionne aussi le réglage de l’action des cordes : une touche très bombée frise plus vite si elle n’est pas réglée avec soin.

Le pan coupé, cette échancrure pratiquée dans le corps au niveau de la jonction avec le manche, améliore l’accès aux frettes aiguës. Il est courant sur les guitares électriques et de plus en plus fréquent sur les modèles folk, où il élargit la tessiture accessible sans changer la position de la main gauche.

Enfin, la qualité de fabrication reste un facteur déterminant. Un instrument bien réglé par un luthier, avec un sillet de tête parfaitement ajusté et une planimétrie de frettes soignée, transforme l’expérience de jeu.

Accorder sa guitare : standards, alternatives et astuces

L’accordage standard en mi grave, la, ré, sol, si, mi aigu s’est imposé au fil du temps comme la référence commune pour la guitare à six cordes. Sa logique par quartes successives, avec une tierce majeure entre la troisième et la deuxième corde, facilite la construction d’accords et de gammes sur le manche. Pour bien comprendre la mécanique des accords et leur placement sur le manche, notre page sur les accords à la guitare vous donne les bases indispensables.

Les accordages alternatifs, ou open tunings, modifient cette disposition standard pour créer des sonorités ouvertes. L’open G (ré sol ré sol si ré) et l’open D (ré la ré fa# la ré) sont très employés en blues et en folk. Le drop D (ré la ré sol si mi) abaisse la sixième corde d’un ton et apporte une assise plus grave tout en conservant la structure du standard. L’accordage en DADGAD, très utilisé dans la musique celtique et les ambiances planantes, favorise les harmoniques naturelles.

Un accordeur électronique à pince ou un accordeur pour guitare dédié garantit une précision immédiate. La méthode des harmoniques, en comparant l’harmonique naturelle d’une corde à vide avec celle de la corde voisine, permet d’affiner l’accord à l’oreille, y compris en environnement bruyant. Un diapason mécanique donne la référence du la, mais exige une oreille entraînée.

Le tirant des cordes joue un rôle direct dans la stabilité de l’accordage. Des cordes de fort tirant tiennent l’accord plus longtemps sur un diapason court, mais elles sont plus difficiles à installer et à jouer. À l’inverse, un jeu léger peut nécessiter des réaccordages plus fréquents, surtout sur une guitare au chevalet flottant. Le compromis dépend de votre style de jeu : les techniques de vibrato appuyé et de bends répétés sollicitent davantage la mécanique et les cordes.

Jouer de la guitare : du plectre aux tablatures

La guitare se joue avec les doigts de la main droite ou avec un médiator. Le médiator, aussi nommé plectre, se tient entre le pouce et l’index pour attaquer les cordes. Fin, il claque ; épais, il offre un son plus doux et un meilleur contrôle sur les graves.

Le jeu aux doigts, sans médiator, n’est pas réservé à la guitare classique. De nombreux guitaristes de folk, de blues ou de jazz le pratiquent pour sa richesse dynamique. On peut combiner l’ongle et la pulpe, utiliser des onglets, ou adopter la technique du fingerpicking, qui assigne un rôle distinct au pouce pour les basses et aux autres doigts pour la mélodie.

Sur le manche, les techniques de main gauche comprennent le barré, qui consiste à plaquer toutes les cordes avec un seul doigt, et qui permet de transposer n’importe quel accord le long du manche. Les bends, les slides et les vibratos ajoutent de l’expressivité en modifiant la hauteur de la note après l’attaque. Le jeu en accords et le jeu en arpèges constituent les deux approches complémentaires du guitariste rythmique et du soliste.

Pour apprendre, deux notations coexistent : la partition classique en solfège pour le répertoire savant, et la tablature qui indique directement les cases sans connaître le solfège. Les diagrammes d’accords, qui schématisent une portion du manche en position verticale, complètent le dispositif pour visualiser les doigtés d’un seul coup d’œil.

Choisir sa guitare : le guide par niveau et par style

A beginner acoustic guitar beside an intermediate electric and a hollow-body jazz model, picks and tuner on a wooden tab

La première question à se poser n’est pas le prix, mais le style de musique que vous voulez jouer. Une guitare inadaptée au répertoire visé reste dans son étui.

Pour le classique, la bossa nova ou le flamenco, une guitare classique à cordes nylon s’impose : cordes souples, manche large, travail de précision facilité. Pour la pop, le rock ou la chanson, la folk à cordes acier est le standard polyvalent : son puissant sans amplification, utilisable dans beaucoup de styles. Pour le rock saturé, le blues électrique ou la musique amplifiée, une guitare électrique avec un petit ampli de travail constitue un point de départ cohérent.

Côté budget, une classique de qualité correcte exige un premier prix soigné, les modèles trop bon marché sacrifiant la justesse et l’action. Pour une folk, un budget modéré suffit pour un instrument stable. En électrique, le coût de l’ampli est à intégrer dans l’enveloppe.

Les accessoires indispensables comprennent au minimum une housse de transport ou un étui rigide, et un accordeur pour guitare qui vous évitera la frustration de jouer faux. Un jeu de médiators de différentes épaisseurs, une sangle et un pied sont des compléments utiles, sans être vitaux dès le premier jour.

Les garanties du vendeur méritent d’être vérifiées. Certains distributeurs comme Thomann proposent une garantie trente jours satisfait ou remboursé et une garantie trois ans, un filet de sécurité appréciable en cas d’hésitation.

Figures de la guitare : luthiers d’exception et guitaristes de légende

Antonio de Torres a défini les proportions de la guitare classique moderne dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Avant lui, René Voboam (XVIIᵉ) et Jean-Nicolas Lacote (début XIXᵉ) perfectionnaient la facture française. Côté interprètes, Andrés Segovia a imposé la guitare en salle de concert, Francisco Tárrega a formé des générations d’élèves, et Django Reinhardt a ouvert la voie au jazz manouche. Des figures comme Jimi Hendrix, Eric Clapton ou B.B. King ont marqué la guitare électrique et poussé les luthiers à innover (micros humbucker, profils de manche, électronique embarquée).

Questions fréquentes

Quels sont les 4 types de guitares ?

La classification la plus courante distingue la guitare classique à cordes nylon, la guitare folk à cordes acier, la guitare électrique solid body et la guitare électro-acoustique, qui combine caisse de résonance et micro intégré. Ces quatre types couvrent l’essentiel des besoins, des premières leçons aux concerts sur scène.

Comment s’appelle le truc pour jouer à la guitare ?

Cet accessoire s’appelle un médiator, ou plectre. Il se tient entre le pouce et l’index pour attaquer les cordes. Il existe en différentes formes et épaisseurs, mais il n’est pas obligatoire : de nombreux guitaristes préfèrent jouer aux doigts pour un contrôle plus fin de la dynamique.

Peut-on apprendre la guitare seul sans professeur ?

Oui, beaucoup de guitaristes sont autodidactes. Les tablatures, les tutoriels vidéo et les applications d’accordage simplifient l’apprentissage en autonomie. Un professeur apporte en revanche un retour immédiat sur la posture et les mauvaises habitudes de main droite qui peuvent limiter la progression à long terme.

Quel type de guitare pour un enfant ?

Une guitare classique en taille réduite, 1/2 ou 3/4, est le meilleur choix. Les cordes en nylon sont plus tendres pour les doigts, le manche large aide à placer les doigts proprement, et le volume modéré limite la fatigue auditive des parents pendant les premières semaines de pratique.

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